La victoire du Parti nationaliste de Tarique Rahman au Bangladesh divise les chrétiens. Certains y voient un signe d’ouverture et de stabilité, tandis que d’autres restent prudents face aux défis quotidiens des minorités religieuses.
Depuis la destitution et le départ de la Première ministre Sheikh Hasina en 2024, connue pour sa politique de tolérance zéro envers l’islamisme, la violence à l’encontre des chrétiens du Bangladesh est en hausse.
Le 12 février, le Parti nationaliste (BNP) de M. Tarique Rahman a remporté largement les élections, rapporte Christian Daily International. Le programme du BNP présente neuf engagements clés visant notamment à mettre en œuvre des programmes sociaux, à créer des emplois, à réformer les secteurs de la santé et de l’éducation, à soutenir l’agriculture, à développer l’économie numérique et aussi à promouvoir l’harmonie religieuse.
Ainsi, quelques jours après son entrée en fonction, Rahman a annoncé une allocation mensuelle et une prime pour les fêtes destinée aux responsables religieux de toutes confessions, une mesure inédite dans un pays à majorité musulmane.
Joie et prudence
Face à ce nouveau gouvernement, plusieurs organisations chrétiennes, dont la Conférence des évêques catholiques du pays, le United Forum of Churches Bangladesh et la Bangladesh Christian Association, ont publié des déclarations félicitant le BNP tout en exhortant le gouvernement à faire de la sécurité et de l’égalité des droits des minorités une priorité.
De son côté, le révérend Asa Michael Kain, président et surintendant général de l’Église des Assemblées de Dieu du Bangladesh, considère cette nomination comme une réponse du Seigneur aux prières de l’Église.
"Cette fois, en raison de l’incertitude et de l’instabilité, toutes les Églises se sont mobilisées dans la prière. Le Seigneur a exaucé nos prières et le nouveau Premier ministre est en place."
D’autres, appellent toutefois à la prudence et soulignent les défis quotidiens, notamment les violences contre les minorités et la faiblesse des protections juridiques.
La diversité des réactions des responsables chrétiens révèle que, malgré l’espoir suscité par le nouveau gouvernement, la communauté reste prudente face aux promesses politiques. La liberté religieuse, la sécurité des minorités et la justice réelle restent des enjeux cruciaux, et leur mise en œuvre sera la preuve de l’engagement du gouvernement envers les chrétiens.
Elormise Pierre